Actualités

Chirurgie colorectale et réhabilitation précoce post-opératoire

27 Janvier 2015

Réhabilitation précoce

Grâce à une prise en charge pluridisciplinaire et une nouvelle organisation, le patient récupère plus vite et voit diminuer le temps de son hospitalisation. L’objectif de la réhabilitation précoce post-opératoire (RPPO) est de réduire au maximum l’impact physiologique de l’intervention chirurgicale et de l’hospitalisation afin de garantir au patient un retour rapide à domicile tout en offrant des soins de qualité, et ce grâce à la mise en place d’actions transversales. Pour arriver à cet objectif, une équipe de l’ICM composée de chirurgiens, d’anesthésistes, d’infirmières, kinésithérapeutes et de nutritionnistes s’est mobilisée pour concevoir un programme au plus près des besoins des patients. 

La RPPO concerne aujourd’hui la chirurgie colorectale, qui est, en effet, une chirurgie majeure, associée à un état de stress élevé et une morbidité importante. Parce qu’il est nécessaire de perturber le moins possible tous les aspects liés au métabolisme et à la physiologie du patient, différentes mesures médicales pré, per et post-opératoires sont envisagées : prise en compte des facteurs de risque du patient, information, approche chirurgicale privilégiant les techniques miniinvasives (laparoscopie ou robot), analgésie favorisant une épargne morphinique, prévention des nausées et vomissements post-opératoires.

Après l’intervention chirurgicale, le retrait précoce de la sonde gastrique et de la sonde urinaire, une ré-alimentation dès le premier jour, le retrait précoce des drainages et cathéters, une mobilisation rapide (lever et marcher dans la chambre) permettent une récupération plus rapide. L’organisation est déterminante dans le processus de guérison et des plans de soins sont établis pour chaque jour. Grâce à ce dispositif, le séjour hospitalier est réduit : 4 jours suffisent, contre 8 à 12 jours.

La sélection des patients : la clé de la réussite 

Il est à noter que tous les patients ne peuvent pas bénéficier de ce programme. Ceux-ci sont sélectionnés par le chirurgien (acte chirurgical compatible avec une prise en charge RPPO) et confirmés par le médecin anesthésiste lors de la consultation. Les 2 autres paramètres essentiels à la réussite du RPPO sont des conditions sociales favorables et l’adhésion du patient au projet. Ce dernier élément est fondamental car le patient devient acteur de son soin et de sa guérison. Le fait d’être mobilisé rapidement après l’opération nécessite une réelle envie de se prendre en charge. Les soignants vont lui demander de participer à ses soins (toilette, marche...), car rester au lit peut provoquer des complications graves (phlébite, embolie pulmonaire, infection urinaire, perte musculaire…). Ces complications sont, en effet, à l’origine d’une aggravation de l’état de santé et prolonge la durée de séjour inutilement à l’hôpital. En outre, il est nécessaire qu’il soit entouré à son retour à domicile.

Une collaboration étroite entre les professionnels de santé 

La RPPO suppose une collaboration étroite entre chirurgiens, médecins anesthésistes et personnel paramédical. Ce projet, dynamique et dynamisant, débute dès la 1ère consultation du chirurgien qui va proposer au patient le programme. Le patient est ensuite dirigé vers le médecin anesthésiste et l’infirmière de consultation où les principes du programme sont expliqués de manière exhaustive. D’autres professionnels interviennent dans le RPPO : le kinésithérapeute qui va lui indiquer les exercices respiratoires et physiques à faire chez lui avant l’opération et qu’il reverra au cours de son hospitalisation, le diététicien présent dès le 1er jour d’hospitalisation afin d’évaluer les besoins nutritionnels. En cas d’addiction (ex tabagisme), une consultation spécialisée est organisée en pré-opératoire avec un médecin addictologue.

Il faut également souligner que le patient inclus dans le programme nécessite un suivi plus actif lorsqu’il rentre chez lui. Le retour à domicile est planifié dès la 1ère consultation et le médecin traitant est informé par courrier de l’intégration de son patient dans ce programme. Un contact téléphonique est prévu dans les 24h après le retour à domicile. Le patient est ensuite revu, en consultation par le médecin traitant entre le 5ème et 7ème jour post-sortie, et par le chirurgien entre le 7ème et 10ème jour post-sortie. En conclusion, la réhabilitation précoce post-opératoire est une prise en charge qui privilégie l’efficience médico-économique, qui permet de diminuer l’incidence du taux de morbidité et de réduire donc la durée du séjour hospitalier.

La 1ère patiente ayant bénéficié du programme de réhabilitation précoce post-opératoire (RPPO) - « Fast Track » en anglais - a quitté l’ICM en septembre dernier, 4 jours seulement après une chirurgie du rectum. Depuis, une dizaine de patients ont bénéficié de ce même programme.

Vidéos
Aucune vidéo actuellement.
À télécharger
Aucun téléchargement actuellement.