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Femmes porteuses ou ex-porteuses de prothèses mammaires et survenue de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC)

19 Mars 2015

INCa

L'Institut National du Cancer (INCa) a publié la semaine dernière un avis d'experts avec des recommandations sur la conduite à tenir en cas de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC), associé à un implant mammaire, à la demande de la Direction Générale de la Santé à propos de 18 cas notifiés à l'ANSM depuis 2011.

 

On estime à 400 000 le nombre de femmes portant des prothèses mammaires en France (2014). Dans le cadre de la matériovigilance (suivi annuel des événements indésirables liés au port de ces implants mené depuis 2010), l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) a vu émerger des cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) situés au niveau du sein. Il s’agit d’un type très rare de lymphome non hodgkinien.

 

L'ANSM vient de constituer un comité scientifique spécialisé temporaire intitulé "implants mammaires et lymphomes à grandes cellules". Ce comité va se réunir d'ici la fin mars. Il est chargé de donner son avis sur l'évaluation du mécanisme physiopathologique d'apparition des LAGC chez les femmes porteuses d'implants mammaires, selon le texte de la décision.

 

Le risque est identifié mais il est très faible. Compte-tenu de la difficulté à déterminer exactement le nombre de femmes porteuses d’implants mammaires, et de la sous-notification potentielle des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules, l’estimation de ce risque ne peut être que très approximative. En acceptant de recourir à de nombreuses hypothèses, une estimation de l’incidence cumulée sur une période de 6 années pourrait être avancée, elle serait de l’ordre de 1 à 2 pour 100 000 femmes-années. En d’autres termes, une à deux femmes pour 10 000 porteuses d’implant(s) mammaire(s) pendant 10 ans présenteraient un LAGC-AIM, sous réserve de la validité des hypothèses encore difficile à apprécier à ce stade.

Quelles sont les prothèses concernées ?

Dans la majorité des cas de LAGC, on retrouve des implants dits « texturés », mais ceux-ci constituent aussi la majorité des prothèses implantées actuellement en France. On ne peut exonérer de façon formelle les prothèses de structure lisse.

A ce stade, aucun lien statistique n’a pu être établi entre une marque particulière de prothèse et la survenue de LAGC. L’ICM utilise ce type de prothèse mais aucun problème n’a été remonté à ce jour.

Les recommandations :

  • Le suivi doit être le même que celui recommandé pour toutes les femmes.

Il est rappelé que toutes les femmes doivent bénéficier d’une palpation des seins par leur médecin ou par une sage-femme tous les ans à partir de 25 ans. A partir de 50 ans, il est recommandé de faire une mammographie tous les deux ans et les femmes qui ont un risque aggravé de cancer doivent bénéficier d’un suivi spécifique. Ce risque peut notamment être héréditaire (transmis par les parents) ou génétique (lié à une anomalie des gènes).

  • Il n’est pas recommandé de proposer une explantation à visée préventive vis-à-vis du risque de LAGC aux femmes porteuses de prothèses mammaires.

En cas d’épanchement abondant, d’augmentation du volume, de douleur, d’inflammation, de masse, d’ulcération (lésion de la peau) au niveau du sein, survenant à distance de l’opération pour la pose des prothèses, la femme doit consulter son médecin. Il est recommandé de pratiquer une échographie. Si cet examen n’est pas suffisant, une IRM est préconisée en 2ème intention.

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