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L’hypnose médicale entre au bloc opératoire à l'ICM

04 Juillet 2014

L’hypnose a fait son entrée à l’ICM dans les années 2000, pour les patients reçus aux soins externes pour des gestes médicaux, tels que la dermo-pigmentation pour reconstruire l’aréole mammaire (après une chirurgie du sein), le traitement de cicatrices, l’exérèse des points de tatouage de radiothérapie

Cette prise en charge, réalisée par le Dr Isabelle Nicklès, est proposée aux patients afin de diminuer l’angoisse, le stress ou la douleur, mais aussi en sensibilisation à l’auto-hypnose pour faciliter l’intégration de nouvelles sensations corporelles consécutives aux différentes modifications subies. Dans tous les services, nombreux sont aujourd’hui les infirmiers (ères), kinésithérapeutes qui réalisent des soins en utilisant l’hypnose médicale formelle (conversationnelle ou autres techniques) ou simplement la conversation, dite hypnotique.

 

Plus récemment, en 2012 et sous l’impulsion du Dr Jibba Amraoui, médecin-anesthésiste, l’hypnose est proposée aux patientes dans le cadre principalement de la chirurgie du cancer du sein réalisée en ambulatoire. Elle est une alternative à la prémédication. « Le recours à l’hypnose peut s’avérer une solution au stress de l’anesthésie générale et de l’opération. Elle permet également, souligne le Dr Amraoui, d’introduire un peu d’humanité dans une situation où la technique domine ». Lors de l’arrivée de la patiente au bloc opératoire, les soignants adaptent leur langage en choisissant des mots positifs et une intonation plus calme. L’objectif est de les rassurer afin que l’étape de l’installation dans la salle d’opération et la perfusion soient mieux vécues.

 

La pratique de l’hypnose médicale, reconnue par l’Académie de Médecine, est une approche intéressante dans diverses indications médicales et chirurgicales. Le Pr Marie-Elizabeth Faymonville, Professeur au département d’anesthésie-réanimation du CHU de Liège, a donné ainsi cette définition de l’hypnose : « L’hypnose correspond à un état modifié de conscience. C’est un processus psychologique auquel chaque individu a accès, un autre mode de fonctionnement de notre cerveau qui nous permet de focaliser différemment ».

 

Tout patient entrant dans une structure médicale ne comprend, ni n’entend de la même manière qu’à l’extérieur, en pleine possession de ses moyens. Il est souvent en état de faiblesse face aux soignants, ce qui le met en transe « dite négative ». à partir d’un thème choisi par la patiente, un souvenir, un endroit aimé, une activité de loisir, les soignants entament un dialogue. La patiente se détend alors progressivement, guidée par les suggestions apaisantes.

« On parle à la patiente pour qu’elle nous comprenne et pour que nous soyons sur la même longueur d’onde. Nous utilisons des mots spécifiques, du para-verbal, des images pour nous rapprocher de son langage et la mettre en confiance » précise le Dr Amraoui.

 

Les demandes d’hypnose sont en augmentation. Les patientes, qui en ont bénéficié, estiment qu’elles ont plus vite récupéré et qu’elles gardent un bon souvenir de l’anesthésie et de l’intervention.

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