La recherche en prévention primaire et secondaire

Le Département Prévention Epidaure est promoteur de projets de recherche visant à établir scientifiquement l’efficacité d’approches préventives innovantes dans le domaine des cancers. Il est soutenu par l’INCa, le SIRIC, le cancéropôle Grand Sud-ouest.

Une équipe de recherche pluridisciplinaire (santé publique, psychologie de la santé, pédagogie, éducation pour la santé, tabacologie) assure la conception et l’évaluation scientifique des programmes au sein de ses 2 axes : prévention primaire et facteurs psycho-sociaux de la qualité de vie.

La Prévention Primaire

Il s’agit de mettre en place des programmes d’interventions dont l’objectif est d’agir sur et/ou limiter les risques d’exposition de la population, aux facteurs de risque les plus fréquents.

Le but est de réduire ou diminuer les cancers évitables par une modification des comportements individuels et des mesures de prévention plus efficaces.

Les recherches interventionnelles actuellement en cours de réalisation sont :

  1. P2P2 : Ce programme intitulé « Etude de la transférabilité du programme P2P, agir par les pairs pour la prévention du tabagisme chez les lycéens en filière professionnelle » s’inscrit dans la continuité du programme P2P de prévention des addictions chez les jeunes conçu et coordonné par Epidaure de 2013 à 2015. Le programme P2P, évalué avec rigueur scientifique (essai contrôlé randomisé), ancré sur un modèle théorique psychologique (TCP) et basé sur une démarche d’éducation par les pairs, a conduit à des données probantes. L’étude P2P2 financée par l’INCa (AAP DEPREV2017) vise à déployer le programme P2P « Languedocien » au sein de 30 lycées professionnels répartis sur trois régions françaises : Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Ile de France. P2P2 est coordonnée en région par les trois Centres de préventions – Epidaure – Hygée – Antéïa – regroupés au sein de la Plateforme de recherche en prévention primaire des cancers. L’objectif de P2P2 est d’évaluer la reproductibilité du programme P2P et son adaptation à d’autres contextes, tout en vérifiant le maintien de l’efficacité de l’intervention sur le tabagisme des lycéens suivis pendant 2 ans (limiter le nombre de nouveaux fumeurs et réduire la consommation de tabac chez les fumeurs), et ce, en dehors d’un essai complexe standardisé. L’originalité du projet P2P2 repose également sur l’utilisation de la méthodologie FIC (Fonctions clés / Implémentation / Contexte) afin d’identifier les fonctions clés de l’intervention P2P (=éléments transférables) et les formes de l’intervention (=actions) qui sont quant à elles adaptables en fonction des contextes d’implémentation.

  2. Le Grand défi, vivez, bougez : son objectif est de promouvoir l’activité physique des jeunes. Le GDVB est une étude contrôlée comparant un groupe intervention et un groupe témoin. La population ciblée est constituée de 1500 enfants âgés de 7 à 11 ans répartis dans 60 classes. L’intervention ciblera à la fois les enfants et leurs parents et impliquera plusieurs acteurs locaux incluant des intervenants du monde éducatif et des décideurs de la politique publique. Ce projet est mené en partenariat avec la DRJSCS, le CHU de Clermont-Ferrand, le Laboratoire Epsylon Université Paul Valéry Montpellier et l'Université de Sao Paulo, Brésil (laboratoire de Pédagogie du Mouvement), l'Agence Régionale de Santé (ARS) et l'Education Nationale. Grant -AAP Prévention 2014, Institut de Recherche en Santé Publique (IReSP), Institut National du Cancer (INCa) et le SIRIC Montpellier Cancer (Grant INCa-DGOS-Inserm 6045).
    Avec l’appui du financement INCa et du SIRIC, afin d’apporter une preuve scientifique robuste de l’impact positif du GDVB, un essai randomisé contrôlé en cluster a été initié en 2015-2016 auprès de 5 000 enfants de 7 à 11 ans et leurs parents sur les départements de l'Aude, de l’Hérault et du Gard. 

  3. SoftPeers est un programme de prévention des alcoolisations rapides par les pairs chez les lycéens de la région Occitanie. Ce programme vise à amener des lycéens à créer un outil de prévention des alcoolisations rapides afin qu’ils le diffusent à l’ensemble de leurs camarades. Ainsi, les jeunes parlent aux jeunes et formulent des messages adaptés pour leurs camarades.
    Les chercheurs ont récemment obtenu un financement de l’INCa pour évaluer la faisabilité et l’efficacité de SoftPeers (AAP RISP 2017) dans une étude randomisée en cluster qui inclura 1200 lycéens à la rentrée 2018. Les impacts potentiels de ce projet sont les suivants :
    - Développer un programme de santé publique ancré théoriquement qui sera acceptable, facilement implantable et adapté aux lycéens;
    - Evaluer une taille d’effet pilote de l'efficacité du programme SOFTPEERS sur les alcoolisations rapides;
    - Développer une intervention qui favorise la collaboration et la coordination dans la prévention alcool entre les acteurs de l'éducation et du terrain (e.g., enseignants, associations ANPAA et Avenir Santé), les chercheurs (e.g., les chercheurs d’Epidaure – ICM et d'Epsylon – UPVM), les tutelles et les responsables des politiques publiques (e.g., éducation nationale, agence régionale de la santé);
    - Identifier les facteurs susceptibles de faciliter le changement de comportement relatif à l'alcool chez les lycéens;
    - Enfin d’adapter le programme SOFTPEERS selon les disparités sociales en collaboration avec la plateforme AAPRISS (Apprendre et Agir pour Réduire les Inégalités Sociales de Santé).

Plateforme de Recherche en Prévention Primaire des Cancers 

La Plateforme de recherche en prévention primaire des cancers a été créée en décembre 2015 sur le constat de la rareté des recherches interventionnelles en France. Elle a émergé sous l’impulsion des trois centres de prévention en cancérologie existant au plan national que sont : Epidaure - Département prévention de l’Institut régional du Cancer de Montpellier (ICM), le Centre Hygée - Département de prévention du Cancéropôle Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes, et le Centre Antéïa de la Fondation JDB-Prévention cancer reconnue d’utilité publique dans l’Essonne. Cette plateforme est soutenue par la Ligue nationale contre le cancer, le Canceropôle Grand Sud-Ouest, le SIRIC de Montpellier et est coordonnée par Epidaure.

Dépistage

L’équipe d’Epidaure étudie les freins et les leviers à la participation au dépistage organisé des cancers et propose des pistes d’action pour améliorer cette participation. Ces actions et/ou interventions sont développées à partir de modèles théoriques ayant fait la preuve de leur efficacité dans le domaine. 

  1.  L’objectif de l'étude en cours est d’examiner les déterminants de l’adhésion de la population au dépistage. Cette étude a été réalisée par questionnaire, comprenant 163 participants. Les analyses statistiques nous permettront d’identifier les principaux prédicteurs de la participation au dépistage et d’analyser le lien entre intention et comportement.

Les études précédentes : 

  1. La première étude visait à identifier les représentations des médecins généralistes sur le dépistage organisé du cancer colorectal et l’arrivée du nouveau test immunologique. Au total, 17 médecins généralistes ont été recrutés dans le secteur de Montpellier et ses alentours, en diversifiant la population (10 hommes et 7 femmes, médecins en milieu semi-rural ou urbain). Les médecins ont été interrogés par entretiens semi-directifs et une analyse de contenu thématique a été réalisée. Les résultats ont permis de mettre en lumière un manque d’informations important concernant l’arrivée du nouveau test immunologique, ainsi que des problèmes relatifs à la gestion des nombreuses tâches qui leur incombent.
  2. La seconde avait pour objectif d’identifier les représentations de la population générale envers le dépistage du cancer colorectal, le nouveau test immunologique et le courrier d’invitation. Des focus groups ont été réalisés avec 29 participants. Les principaux obstacles au dépistage qui émergent de l'analyse sont : la procrastination et le manque de temps (nécessité de consulter le médecin généraliste pour obtenir le kit de dépistage), mais aussi le fait que le cancer colorectal se réfère à une partie du corps liée à un tabou. À l'inverse, les principaux facilitateurs de la participation sont : la facilité de réalisation du nouveau test, l'entourage encourageant le dépistage (conjoint et médecin généraliste) et enfin la gratuité du dépistage ainsi que le rappel de rendez-vous par courrier tous les deux ans.

Ces études sont réalisées en collaboration avec Dépistage 34. Financement doctoral par le SIRIC de Montpellier, par l’INCa-EHESS et par La Ligue contre le Cancer.